24/06/2026 – Délibération n°17
Je vais d’abord évoquer le sujet d’objectif image, un festival qui existe depuis une trente années sur la photo et qui s’est toujours déroulé à Robien et qui est très porté par les habitants du quartier. On ne peut que vous remonter la très grande déception des habitants et des organisateurs qui ont le sentiment de s’être fait dépossédés de ce festival car il se déroulerait maintenant en centralité.
17 220 euros (délibération N°30 du 15/12/2021). C’est le montant de l’avance de subvention versée à Just do Paint en 2021. Quelques mois avant que les membres de l’association ne décident de sa dissolution.
17 220 euros d’argent public n’ayant donné lieu à aucune production artistique en 2022, c’est dommage, voire rageant.
A l’époque, nous ne pouvions récupérer cette avance de subvention : l’association étant dissoute, il n’y avait plus personne, en droit, à rechercher pour un remboursement.
Suite à cette dissolution depuis 2022 notre équipe avait repris la main, nous avions travaillé avec les artistes sur la qualité des œuvres proposées, avec l’urbanisme et l’architecte des bâtiments de France sur la qualité et l’intégration des œuvres, nous avions tissé plus de liens avec les quartiers (voir les œuvres Europe, St Jouan, …), nous avions développé des commandes publiques sur des sites sensibles (ex : oeuvre d’Erika Rayo, le M.U.R rue poulain corbion), avec les associations, les artistes (Robien les murs, Avery, …). Nous avons eu une vraie politique du street art qui n’était plus dépendante de réseaux ou d’un événement qui avaient mené la ville dans la difficulté de 2022. Bref, une vraie politique culturelle et urbanistique.
Permettez-moi de m’étonner lorsque je constate que cette même équipe renaît de ses cendres et que vous nous proposez de voter une nouvelle et première subvention de 15 000 euros, presque autant que l’ardoise – si vous me passez l’expression- que Just do Paint nous a laissée. Certes le collectif a perdu son « do » suite à la mise en garde de Nike, mais la filiation est claire : il suffit de consulter le site Internet de Just Paint : les créations de Just Do Paint à Saint-Brieuc, créations que la Ville avait subventionnées s’y trouvent, de 2018 à 2021.
Ce collectif a multiplié les manquements :
– Vis-à-vis de l’Architecte des Bâtiments de France : absences aux rendez-vous, attitude désinvolte, voire agressive, non-respect des prescriptions. Je cite par exemple la place au Lin, laissée des mois avec un dessin non conforme, ou encore l’œuvre non autorisée, massive et voyante, sur le pub Le Kenny.
– Vis-à-vis des services municipaux : dossiers d’urbanisme rendus en retard, mise sous pression des instructrices, mépris affiché pour les règles et les agents.
– Sur la propriété intellectuelle : aucun cadre légal clair sur la pérennité des œuvres, leur devenir, ou la responsabilité en cas de dégradation ou de recouvrement.
J’avais alerté avec mon collègue Romain Rollant les services sur cet amateurisme qui était connu et partagé. Alors, comment expliquer que, malgré cette situation que le nouvel adjoint à la culture ne pouvait ignorer, cette même équipe ait été choisie et bénéficie à nouveau de deniers publics ?
Alors je ne peux imaginer, Monsieur Minier, que vous n’ayez pas mis en place des garde-fous pour éviter que l’histoire ne se répète. Quels sont-ils ?
Comment garantissez-vous que ces 15 000 euros ne seront pas, une fois de plus, une subvention à fonds perdus ?
Et surtout, pourquoi ce collectif, et pas d’autres avec qui le travail avait été engagé ?
Car ces 15 000 euros, ce ne sont pas des euros anodins. Ce sont des euros ponctionnés sur le budget de la culture, alors que d’autres associations, celles qui œuvrent notamment pour la lecture pour tous (amis de Louis guilloux, bibliothèque des futurs) ou le Festival de Beaux lendemains, proposition originale à l’automne voient leurs subventions fondre.
Je ne remets pas en cause le street art ni son intérêt. Mais je crains une absence de rigueur, de transparence et de respect des deniers publics. En effet, un tel projet ne s’improvise pas. On ne fait pas un évènement street art en quelques semaines, et en mettant en tension et en fragilité d’autres associations et évènements. Partant de ce constat, nous voterons contre cette délibération.
