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Intervention en Conseil municipal

Budget principal de la Ville – Compte financier unique (CFU) – Exercice 2025

24/06/26 – Délibération n°6


Le CFU 2025 que nous abordons aujourd’hui est donc le dernier de la mandature précédente issu d’un ensemble budgétaire voté par l’ancienne majorité et exécuté par elle.

Les chiffres qu’il propose ont été validés. Ils sont non plus prévisionnels comme ceux d’un budget mais l’expression exacte d’une histoire cadrée par le calendrier d’une année.

Parlons fonctionnement

A ce titre, 2025 aura été dans la continuité des années antérieures marquée par l’exceptionnel, en décembre…

Au 30 novembre, malgré la prédation exercée par les décisions gouvernementales (-620 k€ de la CNRACL et 2,5 M€ en 2028 !) justifiées par la crise des finances publiques, les comptes de notre ville respectaient l’objectif de maîtrise des dépenses de fonctionnement (après retraitement – cf. p. 26/69).

Elles ont diminué de 440 k€, -1,5 % en variation réelle (c’est-à-dire après inflation), remboursement de l’emprunt compris. -2,4 M€ avant retraitement, notamment parce que la subvention au budget des parkings fermés était diminuée.

Ce résultat est à souligner. Il n’est pas l’effet du hasard mais le fruit d’un travail permanent des élus et des services !

Au 30 novembre, les recettes enregistraient un niveau prévisionnel honorable, sinon à tout le moins comparable à celui de 2024. En d’autres termes, notre épargne de gestion et donc notre épargne brute augmentaient par rapport à 2024.

Compte tenu des contraintes nationales, la Ville avait relevé le défi de l’équilibre et de l’amélioration des indicateurs, tout en respectant ce qui a été sa ligne de conduite depuis 2021 de maintenir les taux municipaux quels qu’aient pu être les obstacles rencontrés de la Covid à la crise des finances publiques en passant par l’inflation liée à la guerre en Ukraine (une première depuis un quart de siècle) !

Début décembre cette architecture était remise en cause, non pas par la mise en évidence inattendue d’une erreur de gestion de notre part, non, mais par la défaillance de ce qui, dans toute construction budgétaire (il faudra désormais utiliser l’imparfait), est une base prévisionnelle solide, à savoir la base des revenus fiscaux énoncée par la DGFiP.

À cette date, début décembre, à un moment où toute correction est impossible, la Ville apprend que son produit de THRS est diminué de 44 %, sans qu’aucun signe préalable ne nous mette en garde.

Les recettes de la Ville sont donc, de fait, réduites de 850 k€, sans explication et dans la plus grande irrationalité si l’on songe au +8,6 % d’augmentation des résidents secondaires ! En langage de navigation on appelle ça une « fortune de mer ». En l’état, le mot fortune est cruellement impropre ! C’est rageant, alors que

  • les recettes propres, de fonctionnement courant, ont augmenté de 1,2 M€ entre 2021 et 2025,
  • cette année, les compensations fiscales étaient revenues à un niveau cohérent (+312 k)
  • et que la DGF frémissait à la hausse du fait de la hausse du nombre d’habitants (+1 082 depuis 2022).

Les chiffres étant ce qu’ils sont, un CFU les enregistre, et la chaîne de l’épargne 2025 en est la traduction sèche : l’épargne de gestion et l’épargne brute de notre ville sont sabotées.

L’épargne nette, attendue raisonnablement à un niveau proche d’1,3 M€ (cf. p. 56/69), l’est aussi. Le délai de désendettement ne peut, dans ces conditions, qu’augmenter, passant de 11,6 possibles à 13,5 pour le BP, et des 12,3 attendues à 14 pour l’ensemble des budgets.

Est-ce la conséquence de la gestion de la Ville ? Non

Notre Ville subit-elle les décisions et la désorganisation fiscale engendrée par la suppression de la TH ? Oui et, malheureusement, leurs conséquences négatives ne sont pas du domaine du passé.

En termes d’investissement

En 2025, le montant des investissements, de 15,3 M€, aura été marqué par une décrue (-20 %) par rapport à l’année 2024, doublement exceptionnelle, au sens propre du terme, par le montant des investissements mandatés et par le taux de réalisation (+ de 60 %). Sans avoir été dans le « choc d’investissement » demandé par un ancien porte-parole de votre groupe ces cinq années, auront été des années d’investissement, en continuité assurément, en conscience et en volonté tout autant.

 En continuité d’abord

En poursuivant l’effort sur des projets parfois engagés ou alors seulement esquissés, par le mandat précédent : le stade Fred Aubert, TEO, la chapelle Saint Guillaume, la place de la Grille ou la Griffe.

Ils étaient à faire, ils ont été faits, ils ne sont plus à faire, mais beaucoup reste à faire tant notre patrimoine est en attente, dans les écoles malgré les trois rénovées du mandat, les gymnases, la Passerelle, les voiries… sans parler des adaptations au dérèglement climatique.

L’enjeu des années à venir est bien là.

En conscience et en volonté ensuite, ce que traduit la liste des opérations de 2025 :

  • la qualification du centre-ville au travers de projets comme la place de la Résistance (à la suite de celle de la Grille des années précédentes), du centre Allende qui va effacer cette friche en plein cœur de notre ville, de la chapelle Saint Guillaume absente de la liste mais bien présente dans l’objectif de valorisation du patrimoine du CV, et bien sûr de la concession d’aménagement !
  • l’investissement dans les quartiers, à l’ouest, et indépendamment de TEO, au travers de quatre projets (espace jeunes ouest, terrain d’entraînement de football, le pumptrack, le projet du Grand clos), à l’est avec l’école de Cesson.
  • l’investissement pour faire face au dérèglement climatique que l’on retrouve ici au travers de la nécessité de réparer les ouvrages d’art (Douvenant et ailleurs) [ne sont pas évoquées les dépenses d’investissement liées à la production d’énergie à Curie ni les remplacements des candélabres de l’éclairage public]. L’aménagement de la place de la Résistance en GIEP de même que TEO sont à verser dans ce chapitre de même, dans une mesure, que la politique des trois vallées valorisées entre autres comme un archipel de fraîcheur !
  • l’investissement pour notre service public dans les écoles, pour les jeunes et les écoles, pour les moins jeunes, pour les services municipaux dont la modernisation engagée doit continuer
Reste la question du financement des investissements.
Les ressources propres d’investissement ont été de près de 5 M€ (4,911) en 2025, à comparer aux 3,7 M de 2024 et aux 2,7 de 2021, soit un quasi doublement grâce aux produits des cessions et à la FCTVA des projets de 2024.

L’épargne nette aurait-elle été celle que nous étions en droit d’attendre, que le montant de l’emprunt en aurait été diminué d’autant (-800 k€).

Il a été de 5,8 M€.

Ce faisant l’encours de dette de la Ville a été augmenté pour le budget principal de 800 k€. Cette augmentation aurait pu ne pas être !

En 2025 (cf. p.63/69) l’encours de dette consolidé de la Ville est de 93 M€. Il convient en effet de concevoir la totalité de la dette des trois budgets (Principal, des parkings fermés et des pompes funèbres). Entre 2021 et 2025, il sera passé de 84 M€ à 93,2 M€, soit une augmentation de 9,2 M€ (+11 %).

Est-ce beaucoup ? Il est bien évident que si la Ville avait pu ne pas emprunter, elle s’en serait privée ! Pour investir, elle y est contrainte. De fait en comparant ces chiffres avec ceux de la période précédente ils marquent une nette décrue : +37,7 M€ d’encours de dette entre 2014 et 2020 soit +90 %.

Enfin, et pour la première fois depuis que la Ville emprunte l’encours consolidé diminue entre 2024 et 2025, de 1 %.

Nous voterons ce CFU, preuve des efforts de gestion réalisés par notre équipe et image précise des politiques engagées pour notre Ville.

Nous le voterons malgré la colère que nous concevons à l’encontre des conditions dans lesquelles le budget de notre Ville a dû se déployer. Et cette colère est grande…