27/05/2026 – Question introductive
La question posée ce soir par le collectif Notre Résistance mérite d’être entendue avec sérieux. En quelques jours, plus de 1000 habitantes et habitants ont signé une pétition pour demander que la place de la Résistance reste une place piétonne, vivante, ouverte, sécurisée.
On peut toujours discuter d’un projet d’aménagement. Mais on ne peut pas faire comme si cette mobilisation n’existait pas.
Et au fond, ce débat dépasse très largement les 10, 20 ou 30 places de stationnement éventuellement envisagées. Il pose une question simple : dans quelle direction voulons-nous faire évoluer Saint-Brieuc ?
Depuis plusieurs jours, notre territoire connaît un épisode de chaleur précoce et intense. Les Côtes-d’Armor sont en vigilance orange canicule. Cette semaine encore, les alertes sur la qualité de l’air nous rappellent que la chaleur, l’ensoleillement et les émissions liées au trafic routier favorisent les épisodes de pollution à l’ozone.
Dans ce contexte, remettre de la voiture sur une place qui vient d’être rendue aux piétons, c’est un contresens. Ce n’est pas seulement un débat de mobilier urbain ou de stationnement. C’est un signal politique.
On ne peut pas, d’un côté, dire que la ville doit s’adapter au changement climatique, protéger les enfants, les personnes âgées, les plus fragiles, lutter contre les îlots de chaleur et la pollution ; et, de l’autre, commencer le mandat par deux mesures qui vont dans le même sens : moins de place pour les vélos, plus de place pour les voitures.
La vraie question, c’est l’organisation de l’espace public : comment on ralentit, comment on apaise, comment on fait cohabiter, comment on sécurise sans interdire brutalement…
On ne peut pas être faché avec l’écologie. L’écologie du quoitdien c’est adapter la ville au changement climatique c’est pouvoir marcher à l’ombre, respirer un air plus sain, laisser ses enfants jouer sur une place sans surveiller chaque voiture, permettre aux personnes âgées de s’asseoir, aux familles de se retrouver, aux commerçants de bénéficier d’un centre-ville vivant, pas seulement traversant.
La place de la Résistance a été pensée pour cela : devenir un lieu de vie, pas redevenir un parking réduit. Elle n’a pas encore eu le temps de déployer tout son potentiel. Donnons-lui sa chance. Faisons venir des animations, des jeux, des terrasses, des événements, des usages. Écoutons celles et ceux qui s’en emparent déjà.
Dans votre programme vous avez indiqué « Nous construirons ensemble une ville adaptée aux défis écologiques et humains du 21è siècle ». Chiche ! : suspendez ce projet de retour du stationnement sur la place de la Résistance, ouvrez une vraie concertation, et engageons une conférence citoyenne des mobilités à Saint-Brieuc. Pas pour opposer les uns aux autres, mais pour construire une ville accessible, respirable, commerçante, populaire et donc adaptée au XXIe siècle.
